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Crash du Boeing 737: l’Iran plaide coupable et évoque une «erreur humaine»

L’Iran a reconnu ce samedi 11 janvier avoir abattu le Boeing 737 d’Ukrainian Airlines « par erreur ». Le président Hassan Rohani a présenté les excuses de son pays, « une tragédie et une erreur impardonnable », mais l’Iran montre quand même les États-Unis du doigt.

Après son décollage, « le vol 752 d’Ukrainian a semblé se rapprocher d’un centre militaire sensible », expliquent les Gardiens de la Révolution, et il a été pris pour un missile de croisière.

L’opérateur de missile qui a abattu le Boeing ukrainien aurait fait feu sans pouvoir obtenir la confirmation d’un ordre de tir à cause d’un « brouillage » télécom. Le soldat a pris l’avion pour un « missile de croisière » et il a eu « 10 secondes pour décider », a déclaré le général de brigade Amirali Hajizadeh, commandant de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution. « Il pouvait décider de tirer ou de ne pas tirer [mais] il a pris la mauvaise décision », a ajouté l’officier.

« C’était un missile de courte portée qui a explosé près de l’avion. C’est ce qui explique que l’avion a pu continuer de voler », a encore déclaré le général dans une déclaration retransmise par la télévision d’Etat.

Khamenei demande à remédier à toute « négligence »

« J’endosse la responsabilité totale de cette catastrophe et je me plierai à toute décision qui sera prise », a encore dit le général, ajoutant : « J’aurais préféré mourir plutôt que d’assister à un tel accident ». Cette erreur a  toutefois été commise « en des temps de crise causés par l’aventurisme américain », a estimé de son côté le ministre des Affaires étrangères iranien, dans une allusion à la tension provoquée par la mort il y a huit jours du général iranien Qassem Soleimani,  tué par un drone américain.

En Iran, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei a déjà ordonné aux forces armées de remédier à toute « négligence ». Et Téhéran a annoncé que le responsable de cette « tragédie » allait immédiatement être traduit en justice.

Un soulagement pour Kiev

L’aveu iranien a en tout cas été accueilli comme un soulagement à Kiev, rapporte notre correspondant en Ukraine, Sébastien Gobert. « C’est loin d’être un heureux matin, mais il nous a au moins apporté la vérité », a déclaré le président Volodymyr Zelenskiy, qui s’était jusqu’alors refusé à soutenir la thèse du tir de missile avancée par les Américains, les Canadiens et les Britanniques tant que les enquêteurs ukrainiens sur place n’avaient pas analysé la boîte noire et reconstitué la carlingue.

C’est hier qu’ils ont obtenu des résultats probants, notamment des traces d’impacts sous la partie avant du Boeing qui auraient endommagé l’avion et détruit son système de communication. La découverte de ces éléments pourraient avoir poussé l’Iran à reconnaître sa culpabilité.

Le président ukrainien doit s’entretenir avec son homologue iranien ce samedi après-midi.Volodymyr Zelenskiy attend maintenant des condamnations à l’encontre des responsables du tir, la repatriation rapide des corps des victimes, et des compensations financières pour leurs familles. L’enquête doit se poursuivre jusqu’au bout sans « retards artificiels et obstacles », exige le président. Il s’adresse autant aux autorités iraniennes qu’à son opinion publique en Ukraine, infiniment choquée par la tragédie.
rfi

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