Forum de Dakar – Question des fonds – L’Afrique totalement dépendante de l’aide extérieure pour sa sécurité

Le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, qui s’ouvre ce matin, pose un débat sur l’indépendance du continent : «L’Afrique à l’épreuve des chocs exogènes : défis de stabilité et de souveraineté.» Si la guerre en Ukraine est venue rappeler au continent ses fragilités économiques, la gestion de ses besoins sécuritaires, confiée à des tiers, aggrave les vulnérabilités de la plupart de ses pays, dues surtout à leur dépendance aux forces extérieures. 

 Avec la 8e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, le thème choisi surligne les urgences de l’heure : «L’Afrique à l’épreuve des chocs exogènes : défis de stabilité et de souveraineté.» Vu de la région ouest-africaine, il est clairement établi l’impuissance de certains pays à assurer leur propre sécurité. A Bamako, le départ des forces françaises et européennes a été suppléé par l’arrivée de forces russes à travers le déploiement de la nébuleuse Wagner. A Ouagadougou, la chute du pouvoir de Damiba a été accompagnée par des appels d’aide à Moscou après que des manifestants ont attaqué des intérêts français dans la capitale burkinabè. En République centrafricaine, itou. Que faire ? Ministre des Affaires étrangères, Aïssata Tall Sall veut que la Force armée africaine en attente devienne une réalité pour être «vraiment opérationnelle comme une Force armée», pour permettre à «l’Afrique de faire entendre sa voix» et devenir «une terre d’opportunités» et non «un foyer de guerre».

Bras armé de l’Union africaine, encore incapable de réguler le fonctionnement démocratique de ses Etats membres en dépit du volontarisme du Président Sall, elle reste à l’idée de projet. Car il y a tellement de paramètres à régler, comme le financement qui doit aussi venir de l’extérieur. Ce qui retarde son lancement alors qu’elle est prévue dans la constitution de l’Ua depuis 2002. et le g5 Sahel n’a jamais été opérationel à cause de ses problémes de financements qui doivent venir de l’exterieur.

G5 Sahel et Faa mêmes soucis
La guerre en Ukraine est venue rappeler la vulnérabilité du continent aux chocs exogènes. Avec une dépendance trop soutenue aux céréales et engrais russes et ukrainiens, plusieurs pays ont été exposés à l’insécurité alimentaire et ont vu les rendements de leur agriculture être menacés. Et l’Afrique continue de subir de plein-fouet les contre-coups de cette guerre, qui se prolonge : inflation galopante, hausse des prix des denrées de première nécessité, du carburant et la polarisation du continent où Moscou compte de plus en plus de soutiens comme le montrent les votes onusiens. En tout cas, la crise russo-ukrainienne a eu un effet amplificateur sur les difficultés du continent et va retarder sans doute la relance de la croissance et le relèvement des pays qui avaient été fortement touchés par la survenue du Covid-19.

Pour les organisateurs du Forum de Dakar sur la paix, prévu à partir de ce matin, la «sécurité sur le continent interpelle surtout les Etats africains eux-mêmes dans leur capacité à assurer non seulement la protection physique des personnes et des biens, mais aussi une certaine autonomie vis-à-vis des partenaires externes». «Les chocs exogènes de ces dernières années ont mis en lumière la vulnérabilité des Etats africains et leur dépendance.

L’autonomisation stratégique du continent pourrait impliquer la mise en place d’une stratégie globale de sécurité collective et la mise en œuvre, au niveau national, de réformes structurelles importantes dans le secteur de la sécurité visant à renforcer la liberté d’action des Etats et les capacités de tous les acteurs», ajoute le document de présentation des thématiques. Elles vont tourner autour d’autres questions comme l’autonomisation stratégique du continent dans le domaine de la sécurité, les réponses aux défis capacitaires des Armées, les solutions face à l’expansion de l’extrémisme violent : entre approches collectives et réponses nationales et les réponses communautaires aux défis de stabilité… Il faut savoir que cette 8ème édition mettra tout particulièrement à l’honneur l’Afrique lusophone, avec la présence à Dakar des présidents angolais, João Lourenço, capverdien, José Maria Neves, et bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló.

Autant que l’année dernière avec les présences de Cyril Ramaphosa, Mohamed Bazoum et Umaro Sissoco Embaló encore. Sans oublier la venue des «partenaires historiques du forum» comme la France et le Japon, l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Inde, la Gambie, le Mali, le Soudan et les Etats-Unis et des organisations sous-régionales comme l’Uemoa, la Cedeao. Et aussi l’Otan, qui est l’instrument militaire des pays occidentaux

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Author: Augustin Diop

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